Bienvenue sur Ludus Latinus !
"Ludus", en latin, signifie à la fois "le jeu" et "l'école". Ce blog poursuit ce double but, à la fois didactique et ludique. Quatre domaines vous sont ouverts : la langue, la traduction, le commentaire et la recherche. Ce blog est aussi le vôtre. Les liens "laissez un commentaire" vous permettent de participer. N'hésitez pas !
Se renseigner sur les dieux gréco-romains : quelques liens…
Bonjour !
Les élèves de 2me ont dû (ou doivent encore) réaliser un travail de recherche sur des divinités de la mythologie gréco-romaine. À leur demande, je dépose ici quelques liens pour les aider dans leurs recherches :
- Mythorama : un très grand site consacré à toutes les mythologies. Pour rechercher des renseignements sur une divinité en particulier, tapez son nom dans l’onglet “recherche” en haut à gauche de la page d’accueil.
- Le musée vivant de l’Antiquité : un site consacré à l’Antiquité en général. Mais il contient une partie consacrée à la mythologie.
- Insecula : pour des recherches d’images et d’œuvres d’art, mais aussi des notices sur les personnages qu’elles représentent. Tapez le nom de la divinité que vous recherchez dans l’onglet de recherche et vous obtiendrez une série d’œuvres de différents musées du monde qui la représentent.
Pompéi s’écroule !
Je parlais il y a peu de temps d’un projet du gouvernement turc visant à engloutir les ruines d’Allianoï. Aujourd’hui, c’est le gouvernement italien qui menace la survie de notre héritage gréco-romain, et plus précisément celle de l’un de ses plus célèbres fleurons : Pompéi, la ville ensevelie par l’éruption du Vésuve, en 79 PCN, se meurt peu à peu ! La caserne des gladiateurs, l’un des importants vestiges de la ville, vient de s’écrouler, emportant avec elle le témoignage qu’elle offrait jusqu’ici sur la vie de ces combattants de l’Antiquité : le bâtiment, mais aussi les fresques qui l’ornait.
Ici, ce n’est pas l’action des autorités qui est pointée, mais son inaction : aussi ahurissant que cela puisse paraître si on pense à ce que le site rapporte à l’économie touristique de la région, Pompéi ne reçoit pas assez de moyens pour être efficacement protégé contre l’usure du temps et des flots de touristes. Ce que le Vésuve n’aura pas réussi à rayer de la carte en 79, allant jusqu’à le préserver sous une couche de cendres, la gestion des hommes des années 2010 l’achèvera-t-elle ?
Voici quelques liens pour s’informer un peu plus :
http://www.courrierinternational.com/article/2010/11/10/chefs-d-oeuvre-en-peril
Bonjour !
En commentaire, une élève me demande comment savoir à quelle conjugaison appartient un verbe. Il y a deux façons de procéder :
1. À partir du radical :
Dans le vocabulaire, je regarde la seconde forme du verbe : la dernière lettre avant le -o m’indique la fin du radical.
- si c’est un -a, le verbe est à la 1ère conjugaison. (attention ! dans ce cas, je dois regarder la dernière lettre avant le -re de l’infinitif)
- si c’est un -e, le verbe est à la 2ème conjugaison.
- si c’est un -u ou une consonne, le verbe est à la 3ème conjugaison.
- si c’est un -i, le verbe est à la 4ème conjugaison.
Exemples :
probare, probo (prouver) = 1ère conjugaison
audere, audeo (oser) = 2ème conjugaison
intelligere, intelligo (comprendre) = 3ème conjugaison
finire, finio (finir) = 4ème conjugaison
2. En observant les terminaisons :
- Les verbes en -are appartiennent tous à la 1ère conjugaison. exemple : stare, sto (être debout)
- Les verbes en -ire appartiennent tous à la 4ème conjugaison. exemple : scire, scio (savoir)
- Les verbes en -ere, -eo appartiennent à la 2ème conjugaison. exemple : terrere, terreo (effrayer)
- Les verbes en -ere, -o appartiennent à la 3ème conjugaison. exemple : bibere, bibo (boire)
- Les verbes en -ere, -io appartiennent à la 4ème conjugaison (bis). exemple : facere, facio (faire)
Choisissez la méthode qui vous paraît la plus simple à appliquer ! Et pour tester cela, voici un petit test : dites-moi (dans les commentaires), à quelle conjugaison appartiennent les verbes suivants :
- latere, lateo (être caché)
- colere, colo (cultiver)
- uehere, ueho (transporter)
- sentire, sentio (sentir)
- potare, poto (boire)
- sitire, sitio (avoir soif)
- permittere, permitto (laisser aller)
- lauare, lauo (laver)
- adolescere, adolesco (grandir)
- erudire, erudio (enseigner)
“Le testament de César”, le nouvel Alix
Il y a quelques mois, déjà, les fans de bande dessinée apprenaient avec plus de tristesse que de surprise le décès de Jacques Martin à l’âge de 88 ans. Le créateur des séries “Lefranc”, “Jhen”, “Orion” et, surtout, “Alix” terminait ainsi une fructueuse carrière presque entièrement consacrée à la bande dessinée historique.
Son enfant de papier, Alix le jeune gaulois adopté par un riche Romain, allait-il succomber lui aussi ? Depuis quelques années, déjà, on se doutait que non, puisque l’auteur s’était entouré de nombreux collaborateurs, notamment pour sa série “Les voyages d’Alix”. Les albums “Alix raconte”, centrés autour de la vie de grands personnages de l’Antiquité, se passaient même totalement de l’apport du créateur.
Aujourd’hui, le flambeau est bel et bien passé à la postérité, puisque le premier album des aventures d’Alix dessiné et scénarisé par un autre auteur que Jacques Martin vient de sortir. Il est intitulé “Le testament de César” et son auteur est Marco Venanzi. En voici quelques avant-goûts pour, peut-être, vous donner envie de vous plonger dans l’Antiquité par la voie du neuvième art…
Le “testament de César” : la bonne surprise
Publié le vendredi 22 octobre 2010 à 18H29 sur www.paris-normandie.frAutomne 46 avant J-C. Alix et Enak rejoignent à Rome l’un de leurs plus vieux amis, le général Galva, un fidèle de César. Galva marie la plus jeune de ses deux filles, Cécilia, et convie les deux compagnons d’aventures à la noce…
Enak est chargé de faire le portrait de Cécilia. C’est alors qu’arrive Aurélia, l’aînée, une Vestale. Tout de suite, Alix est séduit et les jeunes gens partent en balade. Mais, ils se font agresser par trois tueurs…
Des faits réelsAprès les épisodes précédents très moyens, Le testament de César figure parmi les bonnes surprises de la production du studio Jacques Martin. Marco Venanzi élabore un scénario astucieux qui reprend des faits réels. Le testament de César a bien existé et fût déposé chez les Vestales. Il désignait Pompée comme successeur, mais Octave l’a utilisé à son profit. Venanzi imagine Alix mener une enquête qui va le mettre en bien mauvaise posture. Le scénario fonctionne magnifiquement bien. Les rebondissements haletants ne manquent pas et Venanzi met son héros dans une situation inextricable. Mystère, coups de théâtre font de cet épisode une réussite. Comme Jacques Martin, Venanzi maîtrise parfaitement son dessin avec un grand respect historique. Il s’appuie sur une documentation rigoureuse. Le résultat est superbe. Les couleurs de Venanzi parachèvent le travail très soigné.
Un épisode passionnant qui se lit d’une traite et rappelle les albums réalisés par Martin…
Du commentaire de texte latin pour commenter l’actualité…
Quand on est journaliste, il faut savoir tout faire… y compris commenter Suétone et un extrait de sa Vie des douze Césars !
Il faut dire que, depuis que Bart De Wever occupe le devant de l’actualité, il s’est presque autant employé à ressusciter le latin qu’à enterrer la Belgique… Et c’est, encore une fois, avec une citation latine qu’il a commenté l’échec des négociations actuelles autour de la réforme de notre système fédéral : Fabula acta est, soit “la pièce a été jouée”. Autrement dit : baissez le rideau, il n’y a plus rien à voir !
Voici comment un journaliste du Soir commente l’emprunt (et prouve en même temps qu’il connaît ses classiques, ou en tout cas qu’il sait où les réviser) :
Bart n’est pas Auguste
“Fabula acta est”, la pièce est jouée, a déclaré Bart De Wever après avoir enregistré le refus des partis francophones. Apparemment, la formule servait chez les Romains à décréter la fin d’une représentation. Mais, si l’on se réfère à Plaute et à Térence, maîtres de la comédie latine, quand le spectacle se terminait, les auteurs anciens invitaient plutôt les spectateurs à applaudir. L’agence Belga a eu la drôle d’idée d’attribuer la phrase à l’empereur Auguste, en annoblissant du même coup le patron de la N-VA. Auguste n’a jamais tenu de tels propos, comme on l’affirme, à l’heure de la mort.
Le texte qui fait foi en l’occurence est à chercher dans les Vies des douze Césars de Suétone. Au chapitre XCIX de la Vie d’Auguste, l’historien décrit la gestuelle, très théâtrale, par laquelle l’empereur se met en congé du monde. À ses amis, dit Suétone, il demande : “Avez-vous l’impression que j’ai bien joué la comédie de la vie ?” À noter que l’écrivain emploie le mot mimus qui renvoie au mime, à la farce. Heureuse époque où les empereurs avaient assez de hauteur, au moment du trépas, pour se moquer d’eux-mêmes ! Les puissants du jour, en Belgique et ailleurs, feraient bien, dans des circonstances moins tragiques, d’en prendre de la graine.
Pour vous permettre de juger par vous-mêmes, voici le texte de Suétone et sa traduction :
Supremo die identidem exquirens, an iam de se tumultus foris esset, petito speculo, capillum sibi comi ac malas labantes corrigi praecepit, et admissos amicos percontatus, ecquid iis uideretur mimum uitae commode transegisse, adiecit et clausulam: “ei de ti echoi kalos to paignion, kroton dote kai pantes hemas meta charas propempsate.” Omnibus deinde dimissis, dum aduenientes ab urbe de Drusi filia aegra interrogat, repente in osculis Liuiae et in hac uoce defecit: “Liuia, nostri coniugii memor uiue, ac uale!” sortitus exitum facilem et qualem semper optauerat.
À son dernier jour, il s’informa de temps en temps si son état occasionnait déjà de la rumeur au dehors. Il se fit apporter un miroir, arranger la chevelure et réparer le teint. Puis, ayant reçu ses amis, il leur demanda s’il paraissait avoir bien joué le drame de la vie, et y ajouta cette finale : “Si vous avez pris goût à ces délassements,Ne leur refusez pas vos applaudissements.” Ayant ensuite congédié tout le monde, il questionna encore quelques personnes qui arrivaient de Rome sur la maladie de la fille de Drusus, et tout à coup il expira au milieu des embrassements de Livie, en prononçant ces mots: “Adieu, Livie : Souviens-toi de notre union; adieu”. Sa mort fut douce, et telle qu’il l’avait toujours désirée.
Bonjour !
À la demande des élèves de 2èmes des Dames-de-Marie (Saint-Josse), je place ici quelques exercices semblables à ceux que vous pourriez avoir la semaine prochaine. N’hésitez pas à y répondre en commentaire : je vous corrigerai. Et si d’autres ont déjà répondu en commentaire, ce n’est pas grave : il vous suffit de ne pas les lire avant de répondre ! Pour l’instant, je ne vous livre qu’un seul exercice : en fonction des réactions, j’en ajouterai d’autres.
1. Dans les phrases ci-dessous, en t’aidant du vocabulaire, trouve le verbe et le sujet. Puis, traduis ce que tu as trouvé, en terminant par trois petits points pour montrer que la phrase n’est pas finie…
Aquila non capit muscas.
Vocabulaire : aquila, aquilae : l’aigle ; non : ne… pas ; capere, capio : prendre ; musca, muscae : la mouche
Ad impossibilia nemo tenetur.
Vocabulaire : ad + accusatif : à, vers, pour ; impossibilis, is, e : impossible ; nemo, neminis : personne ; tenere, teneo : forcer, obliger
Amicus certus in re incerta cernitur.
Vocabulaire : amicus, amici : l’ami ; certus, certa, certum : sûr, fiable ; in + ablatif : dans ; res, rei : la situation ; incertus, a, um : peu sûr ; cernere, cerno : voir, reconnaître
Amat uictoria curam.
Vocabulaire : amare, amo : aimer ; uictoria, uictoriae : la victoire ; cura, curae : l’effort
Latet anguis in herba.
Vocabulaire : latere, lateo : se cacher ; anguis, anguis : le serpent ; herba, herbae : l’herbe
Quand Jacques Brel nous apprend nos déclinaisons
Bonjour !
Le latin, quand on en a compris la logique, ce n’est pas si compliqué… À moins de connaître ses déclinaisons ! Et là, pas moyen d’y couper : il faut les connaître par coeur, comme son vocabulaire en néerlandais ou son tableau de Mendéleiev en Chimie.
Sauf que, parfois, on peut recevoir un petit coup de main d’une source inattendue… Et si, par exemple, vous les étudiiez en chanson ? Faire une chanson avec les déclinaisons ? Qui pourrait avoir une idée pareille ? Jacques Brel, par exemple, dans sa célèbre chanson “rosa” où il se souvient sur un ton aigre-doux de ses années d’école. À plusieurs égards, une école bien différente de celle d’aujourd’hui.
Rosa rosa rosam
Rosae rosae rosa
Rosae rosae rosas
Rosarum rosis rosisC’est le plus vieux tango du monde
Celui que les têtes blondes
Ânonnent comme une ronde
En apprenant leur latin.
C’est le tango du collège
Qui prend les rêves au piège
Et dont il est sacrilège
De ne pas sortir malin.
C’est le tango des bons pères
Qui surveillent l’œil sévère
Les Jules et les Prosper
Qui seront la France de demain.
Rosa rosa rosam
Rosae rosae rosa
Rosae rosae rosas
Rosarum rosis rosisC’est le tango des forts en thème
Boutonneux jusqu’à l’extrême
Et qui recouvrent de laine
Leur cœur qui est déjà froid.
C’est le tango des forts en rien
Qui déclinent de chagrin
Et qui seront pharmaciens
Parce que papa ne l’était pas.
C’est le temps où j’étais dernier
Car ce tango rosa rosae
J’inclinais à lui préférer
Déjà ma cousine Rosa.
Rosa rosa rosam
Rosae rosae rosa
Rosae rosae rosas
Rosarum rosis rosisC’est le tango des promenades
Deux par seul sous les arcades
Cerclés de corbeaux et d’alcades
Qui nous protégeaient des pourquoi.
C’est le tango de la pluie sur la cour
Le miroir d’une flaque sans amour
Qui m’a fait comprendre un beau jour
Qu’ je n’ serais pas Vasco de Gama.
Mais c’est l’ tango du temps béni
Où pour un baiser trop petit
Dans la clairière d’un jeudi
A rosi cousine Rosa.
Rosa rosa rosam
Rosae rosae rosa
Rosae rosae rosas
Rosarum rosis rosisC’est le tango du temps des zéros
J’en avais tant des minces des gros
Qu’ j’en faisais des tunnels pour Charlot
Des auréoles pour saint François.
C’est le tango des récompenses
Qui allaient à ceux qui ont la chance
D’apprendre dès leur enfance
Tout ce qui ne leur servira pas.
Mais c’est le tango que l’on regrette
Une fois que le temps s’achète
Et que l’on s’aperçoit tout bête
Qu’il y a des épines aux Rosa.
Rosa rosa rosam
Rosae rosae rosa
Rosae rosae rosas
Rosarum rosis rosis
Le refrain vous reste-t-il en tête ? Vous n’arrivez pas à vous le sortir de la mémoire ? Tant mieux ! Profitez-en, au contraire ! Et puis, essayez avec les autres déclinaisons : voici quelques autres noms latins qui s’insèrent plus ou moins bien dans la même mélodie. Au bout du compte, et avec un peu de répétitions, vous aurez appris à bien prononcer le latin, à mémoriser l’essentiel de ce qu’il contient de par coeur et, qui sait ? à chanter à peu près correctement !
Deus, dei : “le dieu” Bellum, belli : “la guerre”
Deus deus deum Bellum bellum bellum
Dei deo deo Belli bello bello
Dei dei deos Bella bella bella
Deorum deis deis Bellorum bellis bellis
Pater, patris : “le père” Os, oris : “le visage”
Pater pater patrem Os os os
Patris patri patre Oris ori ore
Patres patres patres Ora ora ora
Patrum patribus patribus Orum oribus oribus
Et si vous voulez me faire parvenir la démonstration de vos talents sur ses paroles d’un genre particulier, n’hésitez pas !

